Champagne Veuve FournyRetour

Le Monde des Vins

Juin 2018

Difficile de croire, en voyant ces deux presque quinquas, qu’ils sont frères. « L’un a tout pris du père, l’autre de la mère, remarque en souriant Emmanuel Fourny. Nous sommes très différents mais complémentaires. » Il faut chercher dans les détails, remarquer l’effort conjoint de se tenir très droit, le mouvement de sourcil similaire. Et les écouter parler, façon ping-pong, pour comprendre leur complicité.

Treize mois seulement séparent Charles et Emmanuel, qui copilotent la maison de champagne Veuve Fourny & Fils, à Vertus. Le premier assure la commercialisation, le second se charge de la production. Pour Emmanuel, le cadet, le secret de leur entente réside dans le fait que « chacun s’occupe de ses affaires et n’intervient pas dans celles de l’autre ».

La Veuve Fourny, c’est leur maman. Veuve à 36 ans, en 1979. Les deux frères ont alors 9 et 10 ans. En dehors du père décédé (à qui la « Cuvée R » rend aujourd’hui hommage), personne ne sait faire du champagne. La survie du domaine créé par le grand-père semble impossible. Comment cette petite maison a-t-elle réussi, en moins d’une quarantaine d’années, à se hisser parmi les marques respectées pour la qualité de leur champagne, exportant 80 % de leur production ? Il y a dans son histoire tous les bons ingrédients : de l’entraide, un beau terroir, de judicieuses idées et une remise en question permanente.